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Ventilation · FAQ

Pourquoi ai-je de la condensation sur mes fenêtres ?

La condensation sur les fenêtres signale un air trop humide pour un vitrage trop froid. Où se trouve la buée, ce qu'elle dit de votre ventilation et comment la faire disparaître.

L'essentiel en bref

  • La condensation apparaît quand l'air touche une surface plus froide que son point de rosée : environ 9 °C pour un air à 20 °C et 50 % d'humidité.
  • Buée côté pièce : air trop humide ou vitrage froid. Entre les vitres : joint défectueux. Dehors le matin : vitrage performant, sans gravité.
  • Un adulte émet environ 55 g de vapeur d'eau par heure et une lessive qui sèche environ 1 kg (ADEME).
  • L'ADEME recommande une humidité intérieure de 40 à 60 % ; l'AQC conseille de chauffer toutes les pièces à 17 °C au moins.
  • L'arrêté du 24 mars 1982 impose une aération générale et permanente : ne jamais arrêter la VMC ni boucher les entrées d'air.
Sommaire
  1. Condensation sur les fenêtres : ce qui se passe
  2. Intérieur, entre les vitres ou dehors : trois situations différentes
  3. Pourquoi un vitrage ancien ruisselle davantage : un calcul expliqué
  4. Condensation sur les fenêtres : est-ce un problème de ventilation ?
  5. Comment y remédier : d'abord les gestes, ensuite les travaux
  6. Et dans un logement neuf ?
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

De la buée sur les vitres au réveil, des gouttes qui coulent jusqu'au bas de la menuiserie, parfois des traces noires sur les joints : la condensation sur les fenêtres est l'un des désordres les plus fréquents en hiver. Elle signifie une chose simple : l'air de la pièce contient plus de vapeur d'eau que la surface du vitrage, plus froide, ne peut en supporter. Ce n'est pas toujours grave, et ce n'est pas toujours la faute de la ventilation. Voici comment lire ce signal et y répondre.

Condensation sur les fenêtres : ce qui se passe

L'air contient toujours de la vapeur d'eau, invisible. La quantité qu'il peut contenir dépend de sa température : plus il est chaud, plus il en accepte. L'humidité relative (HR), donnée par un hygromètre en pourcentage, indique à quel point l'air est proche de la saturation à sa température.

Lorsqu'un air humide touche une surface froide, il se refroidit à son contact. En dessous d'une certaine température, appelée point de rosée, la vapeur ne peut plus rester sous forme de gaz : elle se dépose en gouttelettes. Pour un air à 20 °C et 50 % d'humidité relative, le point de rosée est d'environ 9 °C : toute surface plus froide se couvre de buée.

En hiver, le vitrage est souvent la surface la plus froide d'une pièce. L'Agence Qualité Construction (AQC) cite les simples et doubles vitrages, les menuiseries et les ponts thermiques (zones où l'isolation est interrompue) parmi les premières surfaces concernées, et rappelle que plus une paroi laisse passer la chaleur, plus sa surface intérieure est froide, et plus la condensation est probable.

La vapeur, elle, vient de la vie du logement. Selon le guide de l'ADEME (Agence de la transition écologique) Un air sain chez soi, un adulte émet environ 55 g de vapeur d'eau par heure, et une lessive mise à sécher en libère environ 1 kg. Cuisson, douches et respiration nocturne dans une chambre fermée font le reste.

Intérieur, entre les vitres ou dehors : trois situations différentes

Avant de chercher une cause, regardez sur quelle face se trouve la buée. Passez le doigt : si elle s'efface côté pièce, elle est à l'intérieur ; si elle reste, elle est entre les vitres ou dehors.

Extérieur air froid Intérieur air chaud et humide lame de gaz + joint scellé 3 Face extérieure le matin, après une nuit claire, calme et humide : signe d'un vitrage isolant 2 Entre les vitres joint défectueux : vitrage à remplacer 1 Face intérieure air trop humide pour la température du verre : ventilation, chauffage, vitrage peu isolant souvent plus marquée en bas du vitrage
Les trois emplacements possibles de la condensation sur une fenêtre à double vitrage. Seul le cas 1 (face intérieure) renseigne sur l'humidité de votre logement ; le cas 2 relève d'un défaut du vitrage, le cas 3 d'un phénomène extérieur sans gravité.
Lire la buée selon l'endroit où elle apparaît
Où ?Quand ?Ce que cela signifieQue faire ?
Face intérieureMatin, après une douche, pendant la cuissonL'air intérieur est trop humide pour la température du verreVentiler, chauffer, réduire les sources d'humidité ; vérifier la VMC
Entre les deux vitresEn permanence, ne s'essuie pasLe joint du vitrage isolant n'est plus étancheFaire remplacer le vitrage (ou la fenêtre)
Face extérieureLe matin, après une nuit claire et calmeLe vitrage isole bien : sa face extérieure reste froideRien : la buée disparaît en quelques heures
Menuiserie, angles, coins de plafondHiver, pièces froides ou peu ventiléesPont thermique ou pièce insuffisamment chauffée ou ventiléeChauffer toutes les pièces, dégager les bouches ; avis d'un professionnel si moisissures

La buée entre les deux vitres d'un double vitrage indique que le joint scellé du vitrage isolant a cédé : l'air humide entre dans la lame de gaz. Ressources naturelles Canada, l'agence fédérale canadienne de l'énergie, précise que la seule solution est alors de remplacer le vitrage. La buée sur la face extérieure, au contraire, apparaît sur les vitrages à haut rendement par nuit fraîche, calme et humide : le verre extérieur reste froid parce que la chaleur intérieure ne le traverse presque plus. C'est la preuve que le vitrage isole bien.

Le cas qui vous concerne vraiment

Dans la suite de cet article, il est question de la condensation sur la face intérieure. C'est la seule qui renseigne sur l'humidité de votre logement, sur sa ventilation et sur son chauffage.

Pourquoi un vitrage ancien ruisselle davantage : un calcul expliqué

La température du verre côté pièce dépend de l'écart de température entre intérieur et extérieur et du coefficient de transmission thermique U du vitrage, exprimé en W/(m².K) : plus U est faible, plus le vitrage isole. Une formule simple permet de l'estimer : Tsurface = Tint − Rsi × U × (Tint − Text), où Rsi est la résistance superficielle intérieure, prise ici égale à 0,13 m².K/W, valeur conventionnelle pour une paroi verticale. La méthode détaillée de vérification du risque de condensation superficielle est décrite par la norme NF EN ISO 13788.

Avec 20 °C dans la pièce et 0 °C dehors, et des valeurs de U choisies comme ordres de grandeur (valeurs illustratives, à ne pas confondre avec celles de vos menuiseries), on obtient :

Humidité à partir de laquelle la buée apparaît au centre du vitrage (calcul illustratif, 20 °C intérieur, 0 °C extérieur)
VitrageU illustratif (W/(m².K))Température du verre côté pièceBuée au-delà de
Simple vitrage5,84,9 °C≈ 37 %
Double vitrage ancien2,912,5 °C≈ 62 %
Double vitrage à isolation renforcée1,117,1 °C≈ 84 %
Triple vitrage0,618,4 °C≈ 91 %
0510152030405060708090100 température de rosée de l'air à 20 °C Simple vitrage · verre à 4,9 °C≈ 37 %Double vitrage ancien · verre à 12,5 °C≈ 62 %Double vitrage à isolation renforcée · verre à 17,1 °C≈ 84 %Triple vitrage · verre à 18,4 °C≈ 91 % Humidité relative de l'air intérieur à 20 °C (%) Température (°C)
Calcul illustratif : air intérieur à 20 °C, extérieur à 0 °C, valeurs de transmission thermique U des vitrages choisies comme ordres de grandeur (non contractuelles). Chaque point marque l'humidité relative à partir de laquelle la buée apparaît au centre du vitrage ; sur les bords, plus froids, elle apparaît plus tôt.

Le résultat parle de lui-même : avec un simple vitrage, la buée apparaît dès qu'on dépasse environ 37 % d'humidité, une valeur que la plupart des logements dépassent en hiver. Avec un double vitrage ancien, il faut environ 62 %, un niveau facilement atteint dans une chambre fermée la nuit ou une cuisine pendant la cuisson. Avec un vitrage récent, la condensation au centre du verre devient rare.

Ce calcul vaut pour le centre du vitrage. Les bords sont plus froids, à cause de l'intercalaire qui sépare les vitres et du cadre : c'est pourquoi la buée commence presque toujours en bas de la vitre et le long de la menuiserie. Un froid plus vif dehors abaisse aussi la température du verre et fait apparaître la buée à une humidité plus basse.

Valeurs illustratives

Les coefficients U et les températures de ce tableau sont des exemples de calcul, pas des valeurs de référence. Le coefficient réel d'une fenêtre figure dans sa documentation technique (Uw pour la fenêtre complète, Ug pour le vitrage seul).

Condensation sur les fenêtres : est-ce un problème de ventilation ?

Souvent en partie, rarement à elle seule. La condensation intérieure dépend de trois leviers : la quantité de vapeur produite, la capacité de la ventilation à l'évacuer et la température des surfaces (isolation et chauffage). Un logement très occupé, une ventilation faible et une pièce peu chauffée cumulent les trois.

La ventilation joue pourtant un rôle central. L'arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements impose une aération générale et permanente, avec des entrées d'air dans les pièces principales et des sorties d'air dans les pièces de service (cuisine, salle de bains, WC). Il précise même, pour les ventilations qui modulent automatiquement leur débit, qu'elles doivent permettre que « puissent être évitées les condensations ».

Plusieurs indices orientent vers la ventilation. L'AQC relève parmi les facteurs aggravants :

  • une VMC (ventilation mécanique contrôlée) arrêtée, ou des entrées et bouches d'extraction obstruées ou encrassées ;
  • des fenêtres remplacées sans prévoir d'entrées d'air, alors que les anciennes laissaient passer de l'air par leurs défauts ;
  • des portes intérieures sans passage d'air suffisant en partie basse (l'ADEME conseille environ 2 cm sous les portes) ;
  • une hotte de cuisine raccordée sur une bouche d'extraction de la VMC, des réseaux écrasés ou coudés dans les combles ;
  • un chauffage insuffisant ou interrompu, ou la production de vapeur liée au séchage du linge ou à une sur-occupation.

Un hygromètre, peu coûteux, permet d'objectiver la situation. L'ADEME recommande de maintenir l'humidité entre 40 et 60 % pour limiter moisissures et acariens. Si votre logement reste au-dessus de 60 % plusieurs jours de suite, fenêtres fermées et VMC en marche, il est probable que l'air n'est pas assez renouvelé.

Ce que dit le texte

L'article 1er de l'arrêté du 24 mars 1982 exige que l'aération soit générale et permanente au moins pendant la période où la température extérieure oblige à garder les fenêtres fermées, autrement dit précisément en hiver, quand la condensation apparaît. Les débits minimaux par type de pièce sont détaillés dans notre article « Une maison trop étanche ne respire pas » : vrai ou faux ?

Comment y remédier : d'abord les gestes, ensuite les travaux

Les gestes du quotidien

  • Laisser la VMC fonctionner en permanence et passer en grande vitesse pendant la douche et la cuisson (ADEME).
  • Ne jamais boucher une entrée d'air ou une bouche d'extraction, ni la masquer derrière un meuble.
  • Aérer 5 à 10 minutes par jour en ouvrant grand, de préférence après la douche, la cuisine ou le ménage ; en hiver, couper les radiateurs sous les fenêtres pendant ce temps.
  • Chauffer toutes les pièces, y compris celles qu'on n'occupe pas : l'AQC conseille une température minimale d'environ 17 °C.
  • Limiter le séchage du linge à l'intérieur, ou le faire dans une pièce équipée d'une bouche d'extraction, porte fermée.
  • Laisser l'air circuler devant la fenêtre : rideaux épais fermés, tablettes profondes et meubles collés au vitrage gardent le verre plus froid (Ressources naturelles Canada).
Le bon réflexe du matin

Essuyez la buée qui a coulé sur l'appui et les joints, puis aérez quelques minutes. L'eau qui stagne sur les joints de la menuiserie favorise les moisissures, que l'AQC conseille de faire traiter par un professionnel lorsqu'elles s'installent.

L'entretien et les vérifications

Nettoyez régulièrement les bouches d'extraction et les entrées d'air : un filtre ou une grille colmatée par la poussière peut réduire fortement le débit. En VMC double flux, les filtres doivent être changés selon la notice du fabricant. Si la buée persiste malgré ces gestes, demandez une vérification de votre ventilation : un professionnel peut mesurer les débits aux bouches et contrôler l'état du réseau. Pour un logement existant, le diagnostic peut suivre le protocole Promevent, présenté dans notre article sur le protocole ventilation RE2020.

Les travaux, si la cause est le vitrage ou l'enveloppe

Un simple vitrage ou un double vitrage ancien restera froid quoi qu'on fasse : le remplacer réduit nettement la condensation, à condition de conserver ou créer des entrées d'air sur les nouvelles fenêtres, faute de quoi le problème se déplace vers les murs. Les ponts thermiques autour des menuiseries ou aux angles se traitent avec l'isolation.

Et dans un logement neuf ?

Un logement neuf est bien isolé et étanche à l'air : il dépend entièrement de sa ventilation pour évacuer l'humidité. C'est pourquoi la RE2020 (réglementation environnementale 2020) impose de contrôler la ventilation avant la livraison, en plus du test d'étanchéité à l'air. Si de la condensation apparaît régulièrement dans un logement neuf, vérifiez d'abord que la VMC fonctionne, que les bouches et entrées d'air ne sont pas obturées (les adhésifs du chantier sont parfois oubliés) et que les portes laissent passer l'air. Le rapport de contrôle remis à la livraison, décrit dans notre article sur le contrôle de la ventilation RE2020, indique les débits mesurés : c'est une bonne base de comparaison si vous faites intervenir un professionnel.

Données à télécharger

Questions fréquentes

La condensation sur mes fenêtres est-elle un problème de ventilation ?

Souvent en partie, mais pas toujours. La buée côté pièce résulte de trois facteurs : la vapeur produite (occupants, cuisine, douche, linge), la capacité de la ventilation à l'évacuer et la température du vitrage. Une VMC arrêtée, des entrées d'air bouchées ou des fenêtres remplacées sans entrées d'air sont des causes fréquentes. Un simple vitrage ou une pièce peu chauffée peuvent aussi suffire à l'expliquer.

Comment remédier à la condensation sur les fenêtres ?

Commencez par les gestes : laisser la VMC fonctionner en permanence, ne pas boucher les bouches, aérer 5 à 10 minutes par jour, chauffer toutes les pièces à 17 °C au moins et limiter le séchage du linge à l'intérieur. Nettoyez les bouches et entrées d'air. Si la buée persiste, faites vérifier les débits de ventilation, puis envisagez le remplacement des vitrages anciens en conservant des entrées d'air.

La buée à l'extérieur de mes fenêtres est-elle normale ?

Oui. Elle apparaît le matin, après une nuit claire, calme et humide, sur les vitrages performants : la chaleur de la pièce ne traverse presque plus le verre, dont la face extérieure reste froide et capte l'humidité de l'air extérieur. Elle disparaît d'elle-même en quelques heures et indique plutôt un vitrage qui isole bien.

Que faire en cas de buée entre les deux vitres ?

Il faut faire remplacer le vitrage isolant, ou la fenêtre. La buée entre les vitres signifie que le joint scellé du double vitrage n'est plus étanche : l'air humide pénètre dans la lame de gaz et ne peut pas en être retiré. Ni l'aération ni la ventilation n'y changent quelque chose, car le défaut est dans le vitrage lui-même.

Quel taux d'humidité viser dans un logement ?

L'ADEME recommande une humidité relative comprise entre 40 et 60 %, avec une température de 18 à 22 °C, pour limiter le développement des moisissures et des acariens. Un hygromètre permet de la suivre. Au-delà de 60 % de façon durable, fenêtres fermées et VMC en marche, le renouvellement d'air est probablement insuffisant.

Sources et textes de référence

  1. Arrêté du 24 mars 1982 relatif à l'aération des logements (version en vigueur, articles 1 à 4) — Légifrance (version en vigueur au 12 octobre 2026)
  2. Fiche pathologie bâtiment E.09 — Condensations dans les logements — Agence Qualité Construction (AQC) (2024)
  3. Prévention des risques en habitation, fiche n° 4 — Phénomènes de condensation en habitation — Agence Qualité Construction (AQC) (janvier 2024)
  4. Un air sain chez soi — guide pratique — ADEME (octobre 2016)
  5. Condensation (fenêtres, portes et puits de lumière) — Ressources naturelles Canada (consulté le 18 octobre 2026)
  6. NF EN ISO 13788 — Performance hygrothermique des composants et parois de bâtiments : température superficielle intérieure permettant d'éviter l'humidité superficielle critique et la condensation dans la masse — AFNOR (décembre 2012)

Article rédigé à partir des textes en vigueur à la date de publication. La réglementation évolue : vérifiez toujours la version applicable à votre projet (date de dépôt du permis de construire).