DPE : le coefficient de l'électricité abaissé à 1,9 en 2026, puis à 1,7 en 2027
Le coefficient de l'électricité du DPE est passé de 2,3 à 1,9 le 1er janvier 2026 et descendra à 1,7 le 1er janvier 2027. Ce qui change pour l'étiquette de votre logement, et ce qu'il faut faire (ou pas).
L'essentiel en bref
- Le coefficient de conversion de l'électricité du DPE vaut 1,9 depuis le 1er janvier 2026 (contre 2,3 auparavant).
- Il passera à 1,7 au 1er janvier 2027 (arrêté du 19 août 2026), pour les DPE et les audits énergétiques.
- Environ 850 000 logements, puis 300 000 de plus, quittent les classes F et G sans travaux, selon le Gouvernement.
- Un DPE en cours de validité reste valable ; une attestation gratuite de l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME actualise l'étiquette.
- Les bâtiments neufs soumis à la RE2020 gardent un coefficient de 2,3 ; la mesure d'étanchéité à l'air n'est pas modifiée.
Sommaire
Depuis le 1er janvier 2026, le diagnostic de performance énergétique (DPE) compte l'électricité de façon moins pénalisante : le coefficient de l'électricité du DPE est passé de 2,3 à 1,9. Un second arrêté, publié en août 2026, l'abaisse encore à 1,7 au 1er janvier 2027. Résultat : des centaines de milliers de logements chauffés à l'électricité changent d'étiquette sans aucun travaux. Voici ce que ce coefficient représente, ce qui change pour votre DPE et ce qui ne change pas.
Le coefficient de l'électricité du DPE, c'est quoi ?
Le DPE classe un logement selon sa consommation d'énergie primaire, et non selon l'énergie réellement facturée (l'énergie finale). L'énergie primaire tient compte, par convention, des pertes de production, de transformation et de transport de l'énergie avant qu'elle n'arrive au compteur.
Pour passer de l'une à l'autre, on multiplie chaque kilowattheure (kWh) consommé par un coefficient de conversion. Il vaut 1 pour le gaz, le fioul ou le bois. Pour l'électricité, il est plus élevé, car une partie de l'énergie est perdue dans les centrales et les réseaux. Avec un coefficient de 2,3, 1 kWh d'électricité consommé comptait pour 2,3 kWh d'énergie primaire ; avec 1,7, il ne comptera plus que pour 1,7 kWh.
| Période | Coefficient | Texte ou cadre |
|---|---|---|
| Jusqu'en 2021 | 2,58 | Convention historique (RT 2012) |
| Juillet 2021 à fin 2025 (DPE) | 2,3 | Valeur alignée sur la RE2020 |
| Depuis le 1er janvier 2026 (DPE) | 1,9 | Arrêté du 13 août 2025 (JO du 26 août 2025) |
| À partir du 1er janvier 2027 (DPE et audit) | 1,7 | Arrêté du 19 août 2026 (JO du 26 août 2026) |
| Bâtiments neufs (RE2020) | 2,3 | Inchangé |
La valeur de 1,9 correspond à la valeur par défaut proposée au niveau européen. La directive (UE) 2023/1791 sur l'efficacité énergétique autorise chaque État membre à retenir une valeur nationale s'il la justifie : c'est l'argument avancé par le Gouvernement pour descendre à 1,7, au regard d'un mix électrique français très majoritairement bas carbone.
Le calendrier : 1,9 en 2026, puis 1,7 en 2027
La première baisse a été annoncée en juillet 2025, puis fixée par l'arrêté du 13 août 2025. Selon le ministère de l'Économie, elle devait faire sortir environ 850 000 logements du statut de passoire thermique (classes F et G).
La seconde baisse, à 1,7, a fait l'objet d'une consultation publique à l'été 2026 avant la publication de l'arrêté du 19 août 2026. Le Gouvernement estime qu'environ 300 000 résidences principales supplémentaires quitteront les classes F et G (près de 200 000 en F et 100 000 en G), dont environ 125 000 dans le parc locatif privé.
Depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être proposé à la location comme logement décent. Ce sera le cas des logements classés F en 2028, puis des logements classés E en 2034. Une meilleure étiquette obtenue grâce au nouveau coefficient compte pour ces échéances.
Pourquoi l'étiquette DPE change sans travaux
L'étiquette énergie du DPE dépend de seuils exprimés en énergie primaire : 70 kWhEP/(m².an) pour rester en A, 110 en B, 180 en C, 250 en D, 330 en E et 420 en F ; au-delà, le logement est classé G. Si le coefficient baisse, la même consommation d'électricité donne un chiffre d'énergie primaire plus faible, et le logement peut descendre sous un seuil.
Passer de 1,9 à 1,7 réduit d'environ 10 % l'énergie primaire liée à l'électricité. Par rapport à l'ancien coefficient de 2,3, la baisse cumulée atteint environ 26 %.
| Logement (exemple fictif) | Électricité consommée (kWh/(m².an)) | Coef. 2,3 | Coef. 1,9 | Coef. 1,7 |
|---|---|---|---|---|
| Maison récente bien isolée | 120 | 276 → E | 228 → D | 204 → D |
| Appartement des années 1980 | 180 | 414 → F | 342 → F | 306 → E |
| Studio ancien peu isolé | 230 | 529 → G | 437 → G | 391 → F |
Le tableau suivant inverse le raisonnement : pour un logement chauffé uniquement à l'électricité, il donne la consommation d'électricité maximale qui permet de rester dans chaque classe. C'est un calcul indicatif (seuil ÷ coefficient), utile pour situer un logement, mais qui ne remplace pas un DPE.
| Classe (limite haute) | Seuil énergie primaire (kWhEP/(m².an)) | Coef. 2,3 | Coef. 1,9 | Coef. 1,7 |
|---|---|---|---|---|
| A | 70 | 30 | 37 | 41 |
| B | 110 | 48 | 58 | 65 |
| C | 180 | 78 | 95 | 106 |
| D | 250 | 109 | 132 | 147 |
| E | 330 | 143 | 174 | 194 |
| F | 420 | 183 | 221 | 247 |
| G | au-delà de 420 | au-delà de 183 | au-delà de 221 | au-delà de 247 |
Le DPE applique un double seuil : la classe finale est la plus défavorable entre l'étiquette énergie et l'étiquette climat (émissions de gaz à effet de serre). La baisse du coefficient agit sur l'énergie primaire, pas sur les émissions. Pour un logement chauffé à l'électricité, les émissions sont en général faibles et c'est l'énergie qui fixe la classe.
Dans un logement à énergies mixtes (chaudière gaz et eau chaude électrique, par exemple), seule la part électrique de la consommation profite de la baisse.
Mon DPE va-t-il changer ? Dois-je le refaire ?
Non, un DPE en cours de validité reste valable. Un DPE est valable 10 ans ; ceux réalisés avant la réforme gardent leur étiquette d'origine tant que le propriétaire ne demande pas de mise à jour.
Si le nouveau coefficient améliore l'étiquette, le propriétaire peut télécharger gratuitement une attestation qui actualise la classe, sur le site de l'Observatoire DPE-Audit de l'Agence de la transition écologique (ADEME). Il n'y a pas de nouvelle visite du diagnostiqueur. Pour la réforme de 2026, cette attestation concerne les DPE établis depuis juillet 2021 ; l'arrêté du 19 août 2026 (articles 3 et 4) reconduit le dispositif pour le passage à 1,7, y compris pour les audits énergétiques en cours de validité. Sans attestation, le DPE initial reste valable jusqu'à sa date de fin de validité.
Les DPE réalisés à partir du 1er janvier 2027 utiliseront directement le coefficient de 1,7.
Munissez-vous du numéro de votre DPE (attribué par l'ADEME et indiqué sur le document) et consultez l'Observatoire : si l'attestation fait gagner une classe, joignez-la au dossier de diagnostic. Ne commandez pas un nouveau DPE uniquement pour bénéficier du coefficient.
Ce qui ne change pas : RE2020 et mesures d'étanchéité à l'air
Ces arrêtés ne concernent que le DPE et l'audit énergétique des logements existants. Les études thermiques des bâtiments neufs soumis à la RE2020 ne sont pas concernées : le calcul de la consommation d'énergie primaire (indicateur Cep) y conserve un coefficient de 2,3 pour l'électricité.
La mesure de perméabilité à l'air réalisée en fin de chantier ne change pas non plus. Son seuil s'exprime en débit de fuite (m³/(h.m²) sous 4 pascals), sans lien avec le coefficient de conversion. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur le déroulé d'un test d'étanchéité à l'air en maison neuve.
Le DPE évolue toutefois aussi sur ce point. Un autre arrêté, du 11 juin 2026, adapte le DPE aux exigences européennes au 1er janvier 2027. Il ajoute notamment une classe « A0 » pour les bâtiments à émissions nulles et distingue, dans les déperditions thermiques, la part due au renouvellement d'air de celle due aux défauts d'étanchéité. Le diagnostic mettra donc mieux en évidence les fuites d'air de l'enveloppe, celles qu'une mesure à la porte soufflante permet de quantifier et de localiser.
Nos outils en ligne permettent notamment de choisir les ventilateurs d'un test d'infiltrométrie et de convertir un débit de fuite entre deux pressions. Nos rapports exemples montrent ce que contient un rapport de mesure d'étanchéité à l'air.
Une réforme discutée
La consultation publique sur le passage à 1,7 a reçu 110 contributions. Selon la synthèse publiée par le ministère, 29 contributions étaient favorables, certaines demandant même un coefficient encore plus bas. 78 contributions étaient défavorables : elles regrettent une méthode de calcul jugée peu transparente et craignent que des logements sortent des obligations de rénovation sans amélioration réelle. Des diagnostiqueurs s'inquiètent aussi de changements de méthode à répétition, qui fragilisent la confiance dans le DPE.
L'administration répond que la directive européenne autorise une valeur nationale et que la réforme accompagne l'électrification du chauffage. Les logements à fortes émissions restent visés par les obligations de rénovation.
Pour un propriétaire, une meilleure étiquette ne change pas la facture. Le confort, l'isolation et l'étanchéité à l'air du logement restent les mêmes : une étiquette améliorée par le calcul ne dispense pas d'examiner les travaux réellement utiles.
Données à télécharger
Questions fréquentes
Mon DPE va-t-il changer ?
Pas automatiquement. Un DPE déjà établi garde son étiquette d'origine. Si votre logement consomme de l'électricité, le nouveau coefficient peut améliorer sa classe : vous pouvez alors télécharger gratuitement une attestation actualisée sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, sans nouvelle visite du diagnostiqueur.
Dois-je refaire mon DPE ?
Non. Un DPE reste valable 10 ans, y compris après la baisse du coefficient. Il est inutile de commander un nouveau diagnostic uniquement pour bénéficier de la réforme : l'attestation gratuite suffit pour faire valoir la nouvelle étiquette. Un nouveau DPE n'est nécessaire qu'en cas de travaux ou à l'expiration du précédent.
Mon logement chauffé au gaz est-il concerné ?
Très peu. Le coefficient du gaz, du fioul et du bois reste égal à 1. Seule la part électrique de la consommation (éclairage, ventilation, eau chaude électrique par exemple) est revue à la baisse. L'effet sur l'étiquette d'un logement chauffé au gaz est donc faible, et l'étiquette climat (émissions) ne change pas.
La RE2020 utilise-t-elle aussi le coefficient de 1,7 ?
Non. Les arrêtés de 2025 et 2026 ne visent que le DPE et l'audit énergétique. Les études thermiques des bâtiments neufs soumis à la RE2020 conservent un coefficient de 2,3 pour l'électricité, et les exigences de perméabilité à l'air mesurées en fin de chantier restent inchangées.
Sources et textes de référence
- Arrêté du 19 août 2026 modifiant le facteur de conversion de l'énergie finale en énergie primaire de l'électricité relatif au diagnostic de performance énergétique (JO du 26 août 2026) — Légifrance (août 2026)
- Un nouveau DPE au 1er janvier 2026 pour favoriser le chauffage électrique — Ministère de l'Économie et des Finances (août 2025)
- Synthèse de la consultation publique sur le projet d'arrêté modifiant le facteur de conversion de l'électricité relatif au DPE — Ministère de la Transition écologique (août 2026)
- Évolution du DPE au 1er janvier 2027 — Fédération française du bâtiment (septembre 2026)
- Diagnostic de performance énergétique (DPE) — Service-public.gouv.fr (DILA) (2026)
- Qu'est-ce que le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire ? — Connaissance des Énergies (août 2026)
- 1er janvier 2026 : abaissement du coefficient de conversion de l'électricité des DPE — Institut national de la consommation (INC) (décembre 2025)
Article rédigé à partir des textes en vigueur à la date de publication. La réglementation évolue : vérifiez toujours la version applicable à votre projet (date de dépôt du permis de construire).